| Informations générales > Actualité > 2008-07-23 HP propose le télétravail à ses salariés | ||||||||||
Télétravail: les projets de HP France inquiètent les syndicatsNicolas Marichez - 18/7/2008 18:13 - L'Expansion.com En France, 7% de la population active travaille à domicile, contre 15% dans les pays d'Europe du Nord. Hewlett-Packard veut faire entrer ses salariés dans l’ère du télétravail. Annoncé comme un phénomène majeur de ce début de siècle, le télétravail reste encore très marginal en France. Malgré la signature d’un accord entre partenaires sociaux en juillet 2005, seuls 7% des actifs travaillent à domicile alors qu’ils sont 15% dans les pays d’Europe du Nord. Mais petit à petit, les entreprises se piquent au jeu, et notamment HP, qui souhaite encourager ses salariés français à privilégier cette forme de travail. Comme au Royaume-Uni ou en Hollande, où le groupe est très avancé en la matière. Sauf que la méthode du géant informatique américain fait grincer des dents dans l'hexagone. Hewlett-Packard envisage en effet de fermer ses agences commerciales de Bordeaux, Aix-en-Provence, Rennes, Rouen et Paris-nord II en janvier 2009 et propose aux 73 salariés concernés de travailler à leur domicile. Ce qui n'est pas du goût des cinq organisations syndicales du groupe qui y voient un « chantage à l’emploi ». Faux rétorque la direction en faisant valoir une alternative: être rattaché à l’agence la plus proche. Dans le cas des salariés de Bordeaux, cela suppose donc qu'ils acceptent d'aller travailler à Toulouse. Soit à 244 kilomètres. HP assume pleinement cette nouvelle politique. « Il s’agit d’une stratégie mondiale qui vise à faire des économies dans l’immobilier pour les réinvestir dans de nouvelles activités de croissance », explique Nathalie Touzain, directrice de la communication institutionnelle du groupe. Dégradation des conditions de travail« Cette décision a été prise sans aucun calcul sérieux sur la réalité des économies, sans aucune réflexion de l'impact sur le business », s’indignent les syndicats. La fermeture des cinq agences en France permettrait au groupe informatique d’économiser 472.000 euros par an de loyer. Soit 0,01% du chiffre d'affaires de HP France. « Et pire encore, poursuivent-ils, sans aucune considération sur les conditions de travail et la santé des salariés ». Le syndicat s’alarme tout particulièrement de l’isolement et du stress que peuvent endurer les employés qui travaillent à leur domicile. Par ailleurs, des détails techniques posent problème. « Certaines catégories de salariés, comme les gestionnaires de contrats, ne seront plus en mesure d'exercer leur métier convenablement depuis chez eux », souligne François Godard, représentant CFDT, car ils n'auront pas à leur disposition les équipements suffisants, informatiques notamment. La direction, pour sa part, fait valoir que les trois-quarts des 73 salariés étaient déjà mobiles. « Beaucoup sont des commerciaux qui travaillent la plupart du temps hors de l’agence », indique Nathalie Touzain, ajoutant que « les fermetures d’agences ne sont pour l’instant qu’un projet, qui n’a pas encore été entériné ».
Hewlett-Packard France envisage de fermer cinq agences à Paris et en province, en janvier 2009. La direction propose aux 79 salariés concernés le travail à domicile. Sandrine Chicaud, 01net., le 21/07/2008 à 18h25 « Ce projet s'inscrit dans la stratégie mondiale de HP qui veut faire des économies avec son parc immobilier pour les réinvestir dans de nouvelles activités de croissance, comme les supercalculateurs à Grenoble et en Essonne, explique Nathalie Touzain, directrice de la communication institutionnelle du groupe. Mais l'accord est en cours de négociation avec les partenaires sociaux. » Parmi les mesures étudiées, le nombre de jours qu'un collaborateur devra passer sur un site pour maintenir un lien avec l'entreprise ou encore le montant du remboursement des lignes ADSL, par exemple. Rien n'est encore arrêté donc, mais la nouvelle suffit à provoquer de vives réactions du côté des cinq organisations syndicales du géant de l'informatique qui dénoncent « un odieux chantage à l'emploi de HP pour économiser près de 400 000 euros par an de loyer, soit 0,01 % du chiffre d'affaires du géant de l'informatique ». Les syndicats s'inquiètent pour les deux options proposées. Du rattachement à une « agence plus proche », ils dénoncent une « option qui revient à rallonger de deux à quatre heures le temps de transport pour les salariés, les obligeant donc à déménager », explique Jean-Paul Vouiller, secrétaire du Comité de groupe chez HP. Un isolement lié au télétravailPar ailleurs, les syndicats expriment des craintes pour la dizaine de sédentaires répartis dans les différentes agences. « Le télétravail ne fonctionne que si plusieurs conditions sont réunies : avoir un espace réservé et adapté à son domicile, un travail et une personnalité qui le permettent pour être capable de vivre sans lien social physique et sans déprimer, et une bande passante pour utiliser des outils de back office », précise le syndicaliste. Dans le forum du blog de l'actualité sociale de HP , un salarié itinérant du constructeur (account service manager) rattaché depuis 25 ans au site de Villepinte, estime qu'il est nécessaire de laisser ces petites agences en place, notamment pour des raisons sociales et humaines. « Outre le fait de pouvoir travailler en équipe pour résoudre des demandes clients, explique-t-il, j'apprécie de faire une pause le midi pour mieux connaître mes collègues et de revenir à l'agence après mes virées chez les clients, même en fin d'après-midi, pour clôturer la journée ». C'est précisément pour essayer de remédier à ces problèmes d'isolement que des lieux de socialisation tels que les télécentres voient le jour dans l'Hexagone. Aujourd'hui, HP fait exception alors que force est de constater que le télétravail peine à s'imposer en France. Seulement 7 % de la population active aurait franchi le pas, contre 13 % en moyenne en Europe et 25 % aux États-Unis (source : rapport d'Eric Besson (*) aux Assises du numérique). Une chose est sûre : si le télétravail présente énormément d'avantages, il s'impose plus naturellement chez les salariés... qui l'ont choisi ! |
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