Devine d’où je travaille...
Et ceux qui vivent en province lointaine quand leur épicentre de travail est à Paris ? Ils optent - parce qu’ils le peuvent - pour le télétravail. Fantasme ou réalité ? D’abord, s’entendre sur le mot. L’Association nationale pour le développement du télétravail et de la téléformation (ANDT) le définit ainsi : « Le télétravail consiste à travailler à distance du donneur d’ordre (employeur ou client) au moyen des outils informatiques et de télécommunication, de la même façon et avec les mêmes résultats que si le travail était réalisé dans les locaux du donneur d’ordre. » En clair : travailler chez soi à l’aide d’un ordinateur, d’une connexion Internet et d’un téléphone, à temps complet ou partiel. Seuls 7 % des salariés français seraient de vrais télétravailleurs : 2 % travaillent chez eux (440 000) et 5 % se font nomades (1,1 million), a chiffré la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) [1]. Car cette pratique peine à percer en France : les employeurs craignent l’absence de contrôle... Quant aux salariés, ils éprouvent parfois des difficultés à séparer vie privée et professionnelle, et ont tendance à en faire trop pour prouver leur efficacité ! Avant d’accepter cette organisation, il faut donc établir un avenant à son contrat de travail indiquant lieu, horaires et matériel utilisé. À moins de télé-travailler en indépendant (activité libérale ou création d’une EURL ou Sarl, voire une société de portage salarial). Le ministère de l’Emploi y compte en majorité des femmes entre 30 et 40 ans, dans le domaine du secrétariat, de l’informatique, du commerce, de la gestion et de la communication. Autre type de candidat à l’export régional : Michel, patron d’une boîte de relations presse réduite à sa personne, a vendu son bureau-appartement près de Versailles pour emménager dans une propriété cossue dans l’Allier : ses clients ne sauront pas même qu’il est à... 303 kilomètres de Versailles !
Laure Japiot
©2007 Economie Matin